
Nous allons fêter la Chute du Mur. Il y a vingt, déjà … nous avons suivi jour après jour les manifestations qui ont précédée. Car en août 89, nous avons passé 15 jours en Hongrie, touristes, bien sûr, mais toujours à l’affût de politique, de discussion avec les habitants … Lors d’une journée passée sur le Balaton, nous étions avec un groupe de personnes et parlions tous des choses que nous avions vues … la conversation a fini sur Venise … Deux petites jeunes filles écoutaient, et l’une d’entre elles s’est mise à pleurer en disant qu’elle aurait peut-être « un jour » la chance de voir tout ça. A notre demande, elle a dit habiter Liepzig … Silence gêné de la tablée. Mais pourtant les choses sont allées vite ensuite …
Nous avons plusieurs fois traversé cette frontière hongroise - dont une en revenant de Roumanie en 82 (là c’était un retour vers la civilisation après 15 jours d’enfer), mais cet été-là, une longue file de voitures immatriculées DDR (Allemagne de l’Est) attendaient, quelques douaniers hongrois laissaient passer vers la liberté …trois mois après le Mur de la Honte tombait. Nous étions dans la file, avec notre voiture française où nous avions posé une affiche : FREIHEIT FÜR DDR (liberté pour RDA). C’est un souvenir qui reste très présent. Tous les douaniers n’étaient peut-être pas aussi cléments, mais pour ceux qui étaient là ce jour là, je ressens toujours une sympathique pensée…
A partir de septembre, les manifestations pacifiques à Liepzig m’ont rappelé ces jeunes filles, 20 000 personnes .. 30 000, jusqu’à un million à Berlin début novembre …. Puis enfin ce Mur de la Honte par terre.
J’ai failli partir avec mon plus jeune fils «danser» sur le Mur, mais faute d’assurance d’une place d’avion pour le retour, nous avons renoncé … je devais travailler le lundi matin absolument …
Nous y sommes allés en décembre et avons constaté l’état de délabrement du pays.
Bien sûr, vingt ans après, l’Ostalgie est vivante, surtout dans les 7 länder de l’Est déçus, mais la joie de ceux qui ont réussi à passer cet été-là, je ne l’oublierai jamais …